Billet du 25/09/2022. Un théâtre qui embrase toute une ville...


Je regarde les images de Royal de Luxe à Villeurbanne. Tout la ville suit ces deux chiens qui quoique très énormes paraissent être de vrais chiens. Trop fort Jean Luc Courcoult. C’est évident et simple.

Déjà à Calais j’avais noté lors d’une finale de coupe de monde de football que toute la ville suivait le dragon géant de Delarozière plutôt que d’être collée aux écrans dans les bistrots.

J’aime ce théâtre qui s’adresse à la ville toute entière.

A Calais tout le monde se parlait, où est il `? Il va se battre contre l’araignée géante etc

A Montbéliard avec l’Unité nous avions aussi réussi à rassembler toute la ville autour du Réveillon des Boulons.

Vingt ans plus tard, les gens en parlent encore et regrettent. Je ne me permettrai pas de jeter la pierre aux politiques, car ils auraient beau jeu de se venger, n’empêche qu’ils ne sont pas très visionnaires.

Mais d’un autre côté je peux être attiré par un théâtre intime, personnel, proche des gens comme les chambres d’amour jouées dans une chambre d’hôtel pour un spectateur à la fois.

Et puis derrière nouvelle me voilà passionné par un texte ésotérique, difficile, incompréhensible, une jungle de mots. Rimbaud a dix neuf ans lorsqu’il

écrit une saison en enfer, c’était il y a150 ans et ça reste d’une modernité intacte.

Notre projet c’est de jouer à 5 comédiens + 1 DJ; ce texte de Rimbaud à l’endroit même où il l’a écrit dans les Ardennes. Faire un événement de cette création, car l’anonymat c’est parfois humiliant.

Paradoxe, Rimbaud est porté aux nues, mais quand on veut le jouer, les acheteurs potentiels s’esquivent et trouvent 1200 prétextes pour ne pas le programmer.