Billet du 26 février 2022. La Russie et moi.

Villars les Blamont. 3°C Ciel bleu.


Livchine et sa grand mère russe en 1967

Si je me souviens bien je descends d’un père, d’une mère d’un grand-père etc.

Côté maternel, Génia Livchine, la mère de ma mère était née à Izmail. Izmail c’était la Bessarabie devenue la Moldavie, puis la Roumanie, puis l’Ukraine puis l’Union Soviétique puis l’Ukraine et par dessus le marché, juive.

Ayant quitté l'URSS en 1920, elle fut déchue de sa nationalité, et put se déplacer avec un passeport Nansen réservé aux réfugiés. Pour simplifier, elle parlait russe, mon père quant à lui évoquait souvent sa superbe demeure familiale à Odessa au bord de la mer noire.

Pourquoi est-il parti en France en 1923 ? Pogrome ? sombre histoire d’adultère ? communisme ? Toujours est-il que je sens en moi beaucoup de Russie, et j’aime revendiquer ma proximité avec Tchekhov, Meyerhold, Stanislavski et l’âme russe. J’ai un penchant pour le théâtre russe, et les cornichons Molossol.

Et donc cette invasion sauvage ?

J’ai toujours su que les Russes détestaient la démocratie, et n’avaient du goût que pour un pouvoir fort et violent. Je n’aimerais décrypter l’événement qu’avec ma vision du théâtre.

Poutine c’est un Macbeth, le sang appelle le sang, c’est un assoiffé du pouvoir, il va entraîner la Russie à sa perte, bien-sûr il y a derrière tout cela un attirail hasardeux, des intérêts économiques, un sale rôle des américains, bien-sûr il y a les marchands d’armes, une maffia nazie. N'empêche, c’est un tyran dangereux, et si le moindre pays voulait intervenir, ce serait peut-être une déflagration mondiale sans précédent, avec des missiles nucléaires, des destructions de satellites, une superbe apocalypse.

Alors c’est insupportable : on va assister à l’écrasement d’un peuple. Il semblerait que Poutine ait derrière lui une opinion populaire favorable, sauf les intellectuels qui s’insurgent, démissionnent. Encore une fois je suis sidéré à tel point la vie réelle est bien plus surprenante que tous les romans. Et je ne parle pas du tuilage parfait entre la pandémie et cette nouvelle crise. De nouveau des spécialistes envahissent les télévisions, qui, tous unanimes, avaient prédit que Kiev n’intéressait pas Poutine...