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Billet du 31 août 2025. Le barbecue

  • Photo du rédacteur: livchine
    livchine
  • 31 août 2025
  • 2 min de lecture
Le weber supersonique
Le weber supersonique

Il y a de drôles de contrastes dans la France du mois d’août.

Instagram et Facebook sont incontournables pour y lire la santé d’un pays.

On n’y trouve que de la joie et du bonheur, des photos de famille prises face caméra, des photos de groupes, on sait que le photographe leur fait le coup de “cheeese”. Alors c’est l’épanouissement. Et chacune et chacun de montrer un bout de chair bien bronzée, la grande forme ; les compagnies de théâtre posent au retour d’Avignon et d’Aurillac et affichent leur succès, un article dans le Provençal, et c’est l’effusion à rendre jaloux celui qui comme moi n’y étais pas

.Et puis les barbecue. Qui ne barbecute pas est indigne de vivre. Etre invité à un barbok est la moindre des habitudes sociales.

Je cède dans une maison de location aux Plantiers dans le Gard  aux charmes d’un appareil splendide, un Weber au gaz avec une plancha et des flammes, une merveille. On se fait des déluges de viandes. On nous dit qu’un steak grillé au barbecue, c’est l’équivalent toxique de 600 cigarettes. On s’en fout éperdument, c’est le plaisir de toutes les maisons avec jardin.

On a l’impression de faire partie des chers ancêtres qui se réunissaient autour des feux.

Du côté des boomers on enchaine les anniversaires, car les dizaines à partir de 50 ans s’enchaînent. Mon gendre invite 120 personnes pour ses 60 ans, ma soeur une centaine pour ses 80 ans.

Chez moi il y a l’orchestre de famille, alors il y a des farandoles.

D’un coup, j’ai ma crise d’adolescence qui remonte.

Comment ose t-on faire la fête quand plus d’un milliard et demi de personnes ne mangent pas à leur faim. Alors je ne souris pas sur les photos, et je pense à l’Ukraine, à Gaza, ma forme de résistance à moi, dérisoire j'en suis conscient.

Et la dette de la France, et Bayrou qui va sauter ? Cela reste abstrait.  Tant que les distributeurs de billets fonctionneront, tant que les subventions continueront d’être versés aux théâtres, la crise restera indolore et abstraite et les paroles des hommes politiques ne nous toucheront pas.

Cependant on ne me verra pas sourire, je reste indifférent aux injonctions de joie, pardonnez-moi.




   

 
 
 

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