Billet du 5 juin 2022. Après une Nuit Unique


Nuit Unique. Les matelas en attente

Que de relations tumultueuses avec le théâtre, que de déchirements continuels, de pensées contradictoires, que de métaphores incroyables et inédites, que d’atermoiements, d’interrogations, pour qui, pourquoi, matière insaisissable et tumultueuse, évaluations trompeuses, aigreurs, jalousies, scènes de ménage etc. Le théâtre, c’est toute la problématique de la vie en condensé, en concentré. Un jour je l’aime, et le lendemain, je l’exècre.

Au sommet de mes obsessions : le public, les vrais gens, sortir du microcosme, de l’entre-soi. Faut pas jouer pour ma caste et les autres moi-même.

Au sommet de mes haines, l’auto -satisfaction, l’hypocrisie, l’absence de doutes.

Je sors d’une Nuit Unique à Toulouse -Tournefeuille.

Ne me demande pas si c’était bien, j’ai la tête comme une sangria, je continue de jouer, je me demande pourquoi à la première minute de jeu toute une phrase s’était enfuie, et qui était cette dame à ma gauche qui jubilait et ne s’endormait jamais, je revois Fantazio nu mais qui garde son gilet et ses chaussures et me fait rire et me fait perdre le fil de Dom Juan, je ne comprends pas l’enthousiasme de certaines personnes, je suis épuisé je rêve de m’allonger mais je suis tellement à bout que le sommeil me refuse sa grâce. On n’a pas le temps de se parler avec l’équipe pour le ressenti, certains rejoignent déjà Matabiau, pas le temps, plus le temps de rien, j’avale n’importe quoi pour tenir debout. 24 heures plus tard dans le grenier de Cabal Blanc près de Pamiers, je n’ai toujours pas atterri.