Billet du 8 mai 2022. Et moi je vois la fin...


Avec mon copain Jean Pol, la classe 1943. On se connait depuis la maternelle, on ne sait pas lequel des deux partira le premier

On se prépare à atterrir, car c’est comme ça.

Parfois je pense que la nature est bien faite, elle nous prépare en douceur à la fin de vie, on s’allège, la mémoire faiblit, les désirs effrénés s’espacent, les articulations s’enkystent, des cellules dissidentes prennent le pouvoir au sein de nos organes, alors on bascule, on avait peur d’elle et maintenant elle nous fait envie. On l’appelle de nos vœux, on en a marre, on n’a même plus envie de savoir la suite… les guerres, le destin de la planète, on ne connaîtra pas la fin du feuilleton. La phrase de Tchekhov retentit dans nos oreilles : un jour les souffrances finiront. C’est mon optimisme, cette fin qui chaque heure s’approche.