l'Histoire de l'Unité

THÉÂTRE DE L'UNITÉ, PRÉSENTATION

C'est en 1972 que de la rencontre vraisemblablement inopinée mais néanmoins vraisemblable entre Jacques Livchine (formé au cours Simon puis à l'université internationale du théâtre et à l'institut d'études théâtrales de Censier ) , Hervée de Lafond (qui a flirté avec les études de cinéma avant de passer au théâtre)- deux acteurs de ce que l'on nommait alors le jeune théâtre- et le scénographe- décorateur Claude Acquart allait naître le théâtre de l'unité. Aventure qui rendrait indémaillable la complicité entre les trois susnommés. Ils frisaient alors la trentaine.

 

Comme le nom l'indique le théâtre de l'unité c'est d'abord une équipe. Plus soudée dans le risque que dans le savoir- faire, plus soucieuse d'inventer que de faire carrière, plus prompte aux élans kamikazes qu'à l'autosatisfaction. Comme son nom ne l'indique pas, le théâtre de l'unité pratique un théâtre de la plus extrême diversité. Car si on veut les résumer dans une formule on ne peut guère parler que d'un théâtre qui ne tient pas en place. Ils tournent dans le monde entier :Corée, Chine , Canada, USA, Danemark, Portugal, Italie, Pologne, Belgique, Angleterre, Allemagne, Islande, Russie, Estonie, Israël, Australie, Nouvelle Calédonie, Guyane etc.

 

Leur spectacle le plus emblématique, c'est la 2 CV théâtre (1977). un acteur à l'avant, deux spectateurs à l'arrière qui assistent, exactement aux premières loges, à une histoire proustienne de huit minutes, au milieu du grand rituel théâtral : ouvreuse antipathique , pompier de service, garde républicain. Dans ce plus petit théâtre du monde, ils parvenaient à résumer ce qu'était pour eux le théâtre : connivence, complicité, élitaire-populaire, cocon dans le monde et à l'abri du monde.

 

Gens de dialogue social et de théâtre à l'emporte-pièce, ils éprouvent le besoin de se confronter à une ville, une population, et leur implantation dans la ville nouvelle de St Quentin en Yvelines (178-1985) leur donna satisfaction. Ils y inventèrent de multiples pièces, mais aussi la grande fête d'un jour :le carnaval des ténèbres.

 

Loin d'être sensible à l'attraction parisienne, le théâtre de l'unité s'en est radicalement éloigné en 1991 en s'installant à 487 kilomètres de là, dans l'Est de la France, à Montbéliard, haut lieu des usines Peugeot."

Ici plus de bataille médiatique, plus de bataille de reconnaissance, disent-ils, peut-être la vraie vie, très pleine, face à des vrais gens". Or donc à Montbéliard ils ont ouvert cette année -là et le plus sérieusement du monde, le premier centre d'art et de plaisanterie de France, établissement sans doute unique qu'ils définissent comme une "espèce d'institution anti-institutionnelle". Ils y reprirent quelques-uns des succès qui avaient assis leur réputation, y inventèrent une grande fête, le réveillon des boulons, firent fleurir de nouveaux concepts comme la surprise champêtre, les thés musicaux, les académies des saveurs, et des événements dont eux seuls possèdent le secret - les sardanapales, la fête du malheur, la plus mauvaise pièce de l'année, sans oublier leur culture de l'insolence qui les a très vite fait connaître dans la ville comme des empêcheurs de tourner en rond, surtout le sénateur maire qui un jour en voulant faire un discours se trouva propulsé à vingt mètres de hauteur au bout d'un élastique.

 

Neuf ans après, considérant qu'ils ne se renouvellent plus assez, ils vont fonder leur camp N° 8 dans les anciennes filatures Japy à Audincourt, où ils comptent inventer un nouveau concept autour de la fête et du populaire, si décrié ces temps -ci. Extraits de la revue de l'afaa

Portrait du théâtre de l'Unité par Valérie de St Do , site Artcena

 

https://www.artcena.fr/actualites-de-la-creation/magazine/portraits/theatre-de-lunite 

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Curriculum vitæ

JACQUES LIVCHINE

 

racines : russe et juive

naissance : en 1943 , au Chambon sur Lignon

milieu : bourgeois, intellectuel, papa industriel , maman secrétaire 4 langues

maison d'enfance : appartement Paris 16 ème

déchirure : parents divorcés, grand mère et tante mortes en déportation.

niveau d'études : licence de lettres modernes

chocs : Bernard Dort, Vilar, Brecht, Kateb Yacine

spécificités : metteur en songe, aime griffonner des mots.

situation familiale :marié, deux enfants nés en 1968 ET 1969

 

Hervée de LAFOND

 

racines : bretonne poitevine, bordelaise, descendante de François 1er

naissance : en 1944 au Viet Nam

milieu : aristocrate, catholique, six enfants

maison d'enfance : Chatellerault , St Jean de Luz

déchirure : père décédé quant elle avait seize ans, suicide de son frère muet, chercheur en physique nucléaire. Son prénom de garçon.

niveau d'études : baccalauréat.

chocs : Kantor, Bob Wilson, Pina Baush, Théâtre du soleil

débuts au théâtre ; École primaire

spécificités excellente comédienne. Grande ordonnatrice.

situation familiale célibataire.

 

Claude ACQUART

 

racines père pied noir, mère polonaise

naissance : Alger en 1946

milieu : artistique

maison d'enfance : Alger, puis fbg St Antoine à Paris

déchirure : personnalité et notoriété de ses parents, physique de bûcheron, talent illimité.

niveau d'études : BEPC

chocs : Jean Genêt, Vilar, Planchon avec qui il travaille.

débuts au théâtre ; berceau

spécificités scénographe, décorateur, sculpteur, grosse culture historique

situation familiale : marié.