LE CHEMIN
DE RIMBAUD

Nouvelle création du Théâtre de l’Unité

 

Si seulement je pouvais expliquer le magnétisme qu’exerce ses textes… Rimbaud tu ne l’aimes pas,  tu ne l’apprécies pas, tu ne  le dégustes pas, tu ne le savoures pas, mais naturellement il t’envahit le monstre.et surtout une  saison en enfer, tu ne la comprends pas… ça s’incruste. 

 

Soixante ans que je le fréquente, un jour j’ai décidé de m’accaparer le texte en l’apprenant par coeur. 

Par coeur,   je ne dis pas la difficulté car le gars il n’a aucune logique bien-entendu il écrivait sans se soucier du moindre lecteur,  juste lui il se vide, il sort de son corps une histoire - d’amour déjantée et qu’il regrette, il vomit il crache  c’est un texte sans ossature réelle il est en perpétuel mouvement, il aime la religion puis il la foule aux pieds. Il tente de se comprendre lui-même, se fouette. Bizarrement il écrit à 19 ans, sa propre mort d’infirme des pays chauds. 

 

Alors voilà, c’est un combat, une bataille, un corps à corps ; une empoignade.  

7464 mots.  Dans la bouche, 7464 mots telles des balles de fusil que je projette sur des pauvres innocents.

Un paysage parsemé de pièges tels les mines dans les zones de combat.  

Et bien sûr la légende, le mythe, le mauvais garçon, le marginal. 

 

À vingt ans il arrête, considérant que la littérature n’est que “rinçures”. Et il ne jette plus aucun mot  sur papier,  il ne sera pas écrivain de salon, il le dit je déteste tous les métiers, il sera un homme vivant. 

 

Il y a un culte Rimbaud, une religion Rimbaud, des gens qui s’introduisent dans le cimetière de Charleville pour célébrer des messes noires, il y a une boite à lettres Rimbaud,  des fous qui lui écrivent. 

Le théâtre n’est peut être  pas essentiel, mais Rimbaud  lui il l’est.

 
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