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Billet du 1er février 2026. Les voeux du Maire

  • Photo du rédacteur: livchine
    livchine
  • il y a 2 jours
  • 3 min de lecture

Dans ce qui m'ennuie le plus au monde, je crois que les vœux des mairies tiendraient une bonne place car on n'y coupe pas. Tous les mois de janvier toutes les mairies font une cérémonie de vœux : un film gnangnan sur les réalisations de la mairie, un discours d'autosatisfaction du maire, tous les projets à venir et on n’apprend jamais rien. On s'ennuie profondément et de plus la plupart du temps on est debout. La récompense, c'est un petit vin blanc frais des bouts de pizza ou bien un mélange comté saucisses de Montbeliard on y va pour se montrer pour que le Maire voit qu'on s’intéresse à lui, on y va pour serrer les mains et mesurer sa popularité  mais voilà ce qui est arrivé le 20 janvier 2026

On a reçu un coup de fil préparatoire avec la question suivante. Seriez-vous présent aux voeux  du Maire ? j'avais répondu oui comme d'habitude, mais à peine arrivé dans la grande salle de la FILATURE. Je suis pris en charge par une  aimable personne, on me place au premier rang sur les quelques chaises réservées aux impotentes et aux handicapés.

Le maire Martial Bourquin annonce que ça va être un peu spécial ce soir, puisque la campagne électorale a commencé et que le Maire n'a pas le droit de vanter les réalisations passées de sa mairie ni les projets futurs pour ne pas nuire aux autres candidats.

Donc on a une cérémonie un peu bousculée, ça commence par la Chorale du Molocco puis les ambitieuses d’ Hervée, on a le film ensuite et puis voilà attention déclaration solennelle du maire. “Je demande à Hervée et Jacques de me rejoindre sur la scène, je vous demande de bien les applaudir, ils ont fait un travail exceptionnel depuis 20 ans qu’ils sont dans notre commune, et là ils vont s'en aller etc. alors je vais leur donner la parole”.

Hervée commence. Oui je vais m'en aller mais elle se met à  sangloter : jamais je n'aurais cru que ce serait si dur de quitter Audincourt et le pays de Montbeliard et elle pleure et elle pleure. Bah moi je suis obligé de la suivre parce que c'est communicatif les larmes. je n'arrive pas trop prononcer trois mots, je voulais juste dire qu’au Chili dans les quartiers les plus pauvres on allait distribuer  de la culture, des poèmes et de la musique et que les gens pleuraient alors je disais : y a pas que le corps qu’il faut nourrir, il faut nourrir l’âme aussi, la nourriture spirituelle.

Et là ça y est le maire va nous remettre la médaille de La ville d’Audincourt,  oh la la, je vais pas m'amuser à faire comme Jean paul Sartre et refuser le prix Nobel et dire je ne veux pas ta médaille.

Et donc je reçois la médaille et Hervée aussi accolade etc


Je suis pris un peu entre deux feux, d'un côté, je n'aime pas trop les compliments et les décorations. Et puis quand ça arrive c'est bien. Un peu de reconnaissance d'une mairie ne fait pas de mal alors je reçois : boite de chocolat Vergne, fleurs pour Hervée  je dis quelques mots sur la loyauté de cette mairie, et de l’importance qu’il y ait une entente entre artiste et collectivité territoriale, mais il faut ajouter qu'avec cette mairie on ne reçoit pas d'argent, on reçoit des lieux chauffés et nous devons payer en quelque sorte le loyer qui est de 70 000 € en prestation théâtrale, ce que nous n'avons jamais manqué de faire depuis 20 ans.


Nous sommes à trois jours trois jours du départ définitif d'Hervée vers son Ariège donc y a tout de même une sorte de climat psychologique un peu tendu car elle dit, je ne reviendrai jamais, voici l'exclusivité. Le film du départ.





 
 
 

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