Billet du 12 mars 2022. La guerre


Une avenue d'Odessa, une femme promène ses dix chiens.

23 février 2022 . Meeting à Audincourt avec Poutou. Première question : que comptez- vous faire par rapport aux rodéos qui nous empoisonnent la vie dans les quartiers ? (Personne ne se doute que nous sommes à la veille de l’invasion de l’Ukraine).

Les rodéos dans les quartiers vont devenir bien dérisoires relativement à la comptabilité des morts au seizième jour de guerre ; les professeurs de Science Po et toutes sortes de spécialistes se succèdent pour donner leur avis.


On a des dizaines de scénarios, mais personne n’est capable de prévoir l’issue de la guerre.

Nous vivons sous le bombardement intensif de l’information continue. Quand je rentre à la maison, je suis heureux d’avoir encore le chauffage et l’électricité. La télévision nous montre de multiples détresses. Et puis attention, a dit Poutine, si par hasard un seul pays envoyait des hommes sur le sol ukrainien, il le paierait cher.


Ça y est, nous y sommes : une vraie menace de guerre nucléaire est dans les tuyaux. Biden dit non à la troisième guerre mondiale. Vais- je être obligé de regagner l’abri anti -atomique de Damvant en Suisse, à deux kilomètres de chez moi ? C’est quoi l’issue ? Poutine asphyxié par l’embargo demande la paix ? Qui peut le croire ? Un Hiroshima russe, destruction de Kiev avec une réplique immédiate sur Moscou ? 5 millions de morts. Scénario ultime.


Le drame, ce serait le conflit qui s’enlise, s'éternise, peu à peu on ne s’y intéressera plus.

Quitter du jour au lendemain sa maison, sa ville, son pays. Quelle violence… Oui, je ne l’oublie pas, je suis fils de réfugié. Ça va faire cent ans que mon père qui avait dix- sept ans a quitté Odessa avec sa mère et son frère, et sa soeur.

1923

On n’a plus jamais eu de nouvelles de mon grand père Isaac. Ce serait un désastre de détruire Odessa. Et pourtant l’armée russe approche.


Quand je nais en 1943, je suis apatride, mon père a du attendre 24 ans avant de décrocher la nationalité française. Je deviens français en 1947. Mais j’aime dire que je suis 100% français, 100% ukrainien, 100% russe, 100% juif, 100% franc-comtois, 100% francilien.

Les utopistes appellent cela : citoyen du monde. Oui je suis déstabilisé, décousu, il manque beaucoup de barreaux à mon échelle de valeurs.