Billet du 17 juillet 2022. Avignon. Je ne suis pas de mon avis


Décidément j’ai du mal à être de mon avis


J’ai été sollicité dans divers débats Avignonnais.

C’est toujours oiseux les débats car nous sommes tous du même monde et du même avis.

Et puis moi, Il n’y a qu’un sujet qui m’intéresse : la Culture peut elle faire barrage à la barbarie ?

En résumé cela veut juste dire : quelle pièce de théâtre, ou quel poème, ou quelle image poétique arrêteront le bras meurtrier de Poutine ?

Peut -on imaginer qu’à Moscou prononcer le mot guerre ou le mot paix est passible de sanctions allant jusqu’à la prison.

Et moi j’ai encore la naïveté de croire que la beauté sauvera le monde, je donne des exemples : Vaclav Havel n’a t-il pas dit que la caravane des théâtres de toute l’Europe stationnée devant le mur de Berlin en 1789, lui avait fait prendre conscience que le mur c’était fini…(Mir Caravane )

Et puis le Mariage de Figaro de Beaumarchais n’a t-il pas sonné la fin du régime seigneurial et engendré la Révolution de 1989 ?

Et puis exemple encore plus convaincant, moi -même n’ai je pas eu ma mentalité transformée radicalement à l’âge de 22 ans par une pièce de théâtre, Schweick dans la seconde guerre mondiale, une pièce de Bertolt Brecht montée par Roger Planchon.

Ce fut une révélation pour moi gosse formaté par les lycées bourgeois du seizième arrondissement de Paris.

De toute façon Arthur Rimbaud avait tout prévu :

“le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d’homme”. Oui, cette horrible guerre d’Ukraine ne sera gagnée que si le peuple russe met en cause son dirigeant.

Et cette bataille idéologique risque d’être violente, car la Russie s’y connaît bien pour jeter tous ses opposants dans les goulags