Billet du 2 octobre 2022. L'emprise


C'était elle quand je l'ai connue



Faut mettre à jour nos logiciels de pensée

Dans le temps tu exprimais une opinion à table, en famille ou ailleurs, ça pétulait, ça gueulait, et puis on fermait la parenthèse etc.

Maintenant il y a des listes de diffusion où sont inscrites plus de mille personnes et puis aussi des clubs de soi -disant amitié, où tu t’adresses à cinq mille personnes à la fois, alors pour peu que ton billet soit pimenté tu te fais contrer, on dit troler, et ça peut faire des réactions en chaine et cela peut être violent, menaces physiques etc. souvent par de faux noms.

Donc c’est souvent des combats spirituels assez relevés, et musclés, où remontent les haines du passé, les intolérances.

Les femmes après 5000 ans de soumission vivent une révolution sans précédent, le MLF a fait des milliers de petits et donc elles exercent sur ces réseaux une surveillance assidue.

On ne parle plus que de la gifle d’Adrien Quattenens dont la carrière d’homme politique est détruite en trois dixièmes de secondes mais aussi de Julien Bayou un écologiste assez coureur dans son genre qui est acculé lui aussi à la démission.

Une déferlante est en marche.

Nul mâle n’est épargné, car on y ajoute la notion d’emprise.

Le séducteur se retrouve assigné en justice comme prédateur.

Pour peu que tu aies dirigé un atelier- théâtre, avec les différences d’âge, tu es très vite en position dominante, et tes conquêtes sexuelles facilitées, et cinquante ans après, tu peux te retrouver au banc des accusés.

Oui je fus fou amoureux quand j’avais l’âge de Rimbaud, un amour violent et poétique qui m’a profondément marqué. Elle est devenue l’icône de Jean Genêt, a publié chez Gallimard une dizaine d’ouvrages, et soixante après je reviens vers elle comme un somnambule en proférant une saison en enfer dans les prés à l’endroit même ou Rimbaud l’écrivait. Je le fais pour elle, mais je redoute d’être accusé d’avoir été “un porc” à mon tour.